Dans un entretien avec la presse locale, Antonio Caroli se dit prêt à renoncer aux 150 millions d’euros que l’État doit lui verser. À une condition : qu’on le laisse mener son projet immobilier jusqu’au bout.

Le 25 juin dernier, l’État monégasque a été condamné à verser 150 millions d’euros à la société Caroli Immo pour l’abandon d’un vaste projet immobilier sur l’Esplanade des Pêcheurs. En cause : une possible mise en péril du Grand Prix de Formule 1. Quelques jours après que le Tribunal Suprême a rendu sa décision, les protagonistes de l’affaire se sont exprimés dans le quotidien local Monaco Matin.

Depuis le début cette affaire, Serge Telle, chef du gouvernement monégasque, l’assure : le projet immobilier de Caroli Immo était un danger pour la pérennité du Grand Prix. « Le gouvernement princier a sauvé le Grand Prix. Grâce à ce qui a été fait, plus jamais aucun projet, quel que soit son montant ou son attrait, ne pourra porter atteinte à cette épreuve », a-t-il affirmé. « M. Caroli avait une obligation de résultat, en donnant des plans qui permettent le développement de ce projet tout en maintenant le Grand Prix ». Plans qui, selon le chef du gouvernement monégasque, n’ont jamais compris les 3 000 m² exigés pour le Grand Prix.

Un projet compatible avec le Grand Prix, selon Antonio Caroli

Ce n’est pourtant pas ce que laisse croire le promoteur italien dans une interview publiée le lendemain. «Contractuellement, il fallait dédier 3 000 m2 à l’Automobile Club de Monaco. Nous sommes arrivés à proposer un projet qui accordait 5 000 m2 (…) Le projet a toujours été compatible avec le Grand Prix », a-t-il expliqué, assurant que la relation entre son projet immobilier et l’évènement sportif est « quasiment inexistante ».

Aujourd’hui, l’entrepreneur de Caroli Immo veut regarder vers l’avenir. « Après avoir longuement réfléchi, je suis disposé à chercher encore une fois une conciliation avec l’État », insiste-t-il. Le promoteur italien se dit même prêt à tirer un trait sur les 150 millions d’euros que l’État monégasque doit lui verser. Seule condition : que son projet immobilier, même modifié, soit mené à son terme. « Si le gouvernement souhaite cette conciliation, et en sachant ce qu’il souhaite, je peux présenter, un septième, un huitième projet… Ma porte est ouverte. Celle de l’État a toujours été fermée », a-t-il conclu.