À seulement 16 ans – il soufflera ses dix-sept bougies le 20 août prochain – Théo Pourchaire s’apprête à prendre part cette saison au Championnat du monde de Formule 3 avec l’écurie française ART Grand Prix. Après une jeunesse couronnée de succès dans toutes les catégories dans lesquelles il a couru, le Grassois s’avance un peu plus chaque année vers son rêve ultime : être un jour sacré champion du monde de Formule 1. Itinéraire d’un talent précoce à la passion dévorante.

À peine le temps de marcher qu’il était déjà installé dans un baquet. « À deux ans et demi, il roulait déjà », se souvient le papa, Jérôme, encore nostalgique au moment d’évoquer les premiers tours de piste du fiston. « J’apprenais à accélérer et à freiner, pendant que quelqu’un courrait derrière mon kart », sourit Théo Pourchaire, tombé littéralement amoureux du sport automobile depuis ce jour. « Comme il gagnait, on continuait, mais rien de tout cela n’était prévu au départ, explique Jérôme Pourchaire, grand passionné de sports mécaniques, qui n’a évidemment pas manqué de transmettre sa passion à son rejeton. Au début, c’était pour s’amuser, mais de victoires en victoires, de titres en titres, on a continué, sans jamais rien lâcher. »

Il a failli être le plus jeune champion de France de karting de l’histoire

De quoi conduire le jeune Pourchaire de la piste de karting de la Sarrée, nichée dans les hauteurs de Grasse, aux plus prestigieux circuits de la planète. « Il a commencé la compétition avec un an d’avance, confie son entraîneur de toujours, Nicolas Moni (Jana Racing), qui n’a cessé de couver le prodige depuis son plus jeune âge. Très vite, il a su rivaliser avec ses aînés et s’adapter chaque année aux changements de catégories. En trois ans, il a été double champion de France et vice-champion de France de karting, ce qui est très rare, surtout si jeune. Il a même failli être le plus jeune champion de France de karting de l’histoire lors de sa première saison. Nous avons manqué le titre pour un point seulement. La dernière course du championnat se déroulait en juillet, à Salon-de-Provence, et en plein milieu de la course, il s’est mis à pleuvoir. Théo n’avait jamais couru sous la pluie, et il a fini par sortir, alors qu’il menait la course et se dirigeait tout droit vers le titre. »

Théo Pourchaire (ART Grand Prix)
Théo Pourchaire prendra part cette saison aux Championnats du monde de Formule 3, avec l’écurie ART Grand Prix.

Une mésaventure qui ne gâche en rien le talent du jeune homme, ni même ses exploits retentissants et ses résultats fracassants, qui l’ont conduit cette saison en Formule 3. Une progression linéaire et un aboutissement logique après une première saison en monoplace l’an dernier, qui l’a brillamment achevé avec un nouveau titre de champion, en Formule 4 cette-fois. « Il écoute, analyse, applique et il va vite. Il ne laisse rien au hasard, raconte son père. Il cherche constamment des solutions. C’est ce qui fait la différence avec beaucoup de pilotes. » Des qualités évidentes, qui ont rapidement sauté aux yeux de Nicolas Moni. « C’est un excellent finisseur, qui sait gérer ses courses, le traffic, ses pneumatiques et le matériel. Il ne prend pas des risques inutilement. Quand il n’est pas en mesure de gagner, il sait jouer placé. » De là à viser la Formule 1 dans les prochaines années ? « Il y croit, il veut la F1 », clame Jérôme Pourchaire. « Je pense qu’il a tout à fait ses chances d’atteindre la Formule 1, ajoute son entraîneur. Il marche en tout cas sur les traces des tous meilleurs. »

Plus jeune pilote inscrit cette saison aux Championnats du monde de Formule 3

Mais avant de penser à son avenir dans la catégorie reine du sport automobile, celui a récemment participé aux 24 Heures du Mans Virtuelles doit d’abord se concentrer sur sa future saison, qui débutera en même temps que celle de Formule 1, le 5 juillet prochain sur la piste de Spielberg lors du Grand Prix d’Autriche. « Je suis content de rouler à nouveau, je me sens prêt, souffle-t-il. Mon objectif cette année est avant tout de prendre mes marques. Ce sera plus compliqué, mais j’y vais aussi pour gagner. ART Grand Prix est l’une des meilleures écuries. Je vais donner le meilleur de moi-même pour rendre à l’équipe la confiance qu’ils m’ont accordé. » Alors qu’une partie de son avenir est également entre les mains du Sauber Junior Team, dont il fait partie depuis l’année dernière, Théo Pourchaire se sait attendu au tournant au cours des deux prochaines saisons, décisives pour la suite de sa carrière. « Il est le plus jeune pilote inscrit cette année en F3, confirme son père. Il n’a pas encore 17 ans, donc il a encore un peu de marge. Mais il va devoir se montrer, face à des pilotes de qualités. Certains sont passés de directement de la F3 à la F1, comme Valtteri Bottas, Esteban Ocon ou Max Verstappen. Alors pourquoi pas lui. J’essaye de l’aider au maximum pour qu’il y arrive, mais à partir de maintenant, je n’ai plus la main. » Fan de Ferrari, de Lewis Hamilton et de Sebastian Vettel, l’ancien champion de France et d’Europe de karting n’imagine pas d’autres issues que la Formule 1. « Je rêve d’être sacré champion du monde. J’adore la F1 depuis que je suis tout petit et que mon père m’a fait découvrir le Grand Prix de Monaco, en 2006. J’avais vu Michael Schumacher. Cela m’avait énormément marqué, c’était magnifique. Et c’est depuis ce jour que je me suis dit que je voulais atteindre la Formule 1. » Des rêves à la réalité, il n’y a parfois qu’un pas, que Théo Pourchaire semble prêt à franchir, le plus tôt possible.