Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, Monaco Tribune est allé à la rencontre des jeunes entrepreneurs de la Principauté pour connaître leur vision de cette situation, entre crise et enjeux. Parmi eux, Cédric Cavassino, à la tête de la société de nettoyage Azur Tech et ancien président de la Jeune Chambre Économique de Monaco en 2014.

Comme Antoine Rey et Alexandre Maniloff, autres membres de l’association qui se sont exprimés sur les impacts de la crise sur leur entreprise, Cédric Cavassino a pu nous présenter sa société, Azur Tech, fondée il y a plus de quarante ans, tout en évoquant les semaines difficiles traversées à cause du Covid-19.

Comment Azur Tech s’est adaptée à cette crise sans précédent ?

C’est une situation qui a été difficile à gérer. Dans le secteur du nettoyage et de l’industriel, nous sommes en première ligne, car nous sommes un acteur important de ce genre de problématiques sanitaires. Nous avons été sollicités par un certains nombres d’acteurs sur des désinfections des points de contact, notamment dans les parties communes d’immeubles. Nous avons dû nous adapter, avec certains clients qui ont été contraints de fermer, comme les casinos, mais nous avons compensé par des activités nouvelles chez d’autres clients. Nous n’avons jamais été a l’arrêt, surtout dans les moments clés de l’épidémie, où il était important de réagir au niveau social pour rassurer nos équipes, souvent en première ligne. Nous leur avons apporté notre soutien, par l’intermédiaire de différents outils que l’on a mis à disposition, grâce à des équipements de protection individuelle et en respectant les gestes barrières. Ce n’était pas évident, mais nous avons réussi à tenir le cap sans mettre le moindre de nos employés au chômage technique.

Nous avons préféré laisser les subventions aux autres entreprises réellement en difficulté

L’impact économique lié à cet arrêt soudain de l’activité a-t-il déjà eu des répercussions sur la santé financière de l’entreprise ?

Nous avons la chance d’avoir pris les devants en ayant une trésorerie suffisante afin de palier à ce genre de mésaventure. Nous avons eu une baisse d’activité minime par rapport à certaines autres entreprises, de l’ordre de 20% sur mars et avril, les deux mois de confinement. Mais nous avons compensé sur les mois de mai et de juin. Nous sommes même en développement cette année par rapport à l’an dernier. C’est la raison qui a valu dans mon esprit de faire appel à aucune subventions auxquelles nous aurions pu voir droit. Notre santé économique nous permettait de faire face à la crise. Nous avons préféré laisser les subventions aux autres entreprises réellement en difficulté.

Votre activité s’est-elle diversifiée pendant le confinement ?

Nous avons dû faire face à des désinfections, avec des interventions deux ou trois fois par jour à des endroits où nous passions normalement qu’une seule fois. Donc des prestations plus importantes sur certains sites, qui ont compensé les lieux accueillant du public et qui ne faisaient plus appel à nos services.

Avez-vous dû renoncer à des projets en cours ?

Pour l’instant, nous ne ressentons pas les effets de la crise. Nous avons eu au contraire une belle reprise d’activité avec pas mal de demandes. Il y avait un certain nombre de travaux qui avaient été suspendus et qui sont repartis de plus belle depuis mai. Nous avons eu une recrudescence des activités dans ce secteur. Nous avons même embauché du personnel d’encadrement pendant le confinement. C’était prévu à l’avance mais nous n’avons pas renoncé à cette embauche car l’activité nous le permettait. En ce qui nous concerne, on ne peut pas dire que nous avons été impactés durablement par la crise.

Nous avons la chance d’être dans un pays investi et très actif

L’essor du télétravail et la réduction des locaux peuvent-ils être un frein pour votre activité dans les années à venir ?

Indirectement, c’est certain. Nous intervenons beaucoup dans des bureaux donc si ces derniers venaient à diminuer leur taille, on aurait forcément une diminution de nos activités. C’est une évolution que nous devons avoir à l’esprit pour notre développement. Le télétravail fait partie des menaces qui peuvent nous impacter. Il faudra peut-être diversifier notre activité auprès de nos clients pour compenser cette potentielle baisse.

Comment imaginez-vous l’avenir et les prochaines semaines ?

J’ai l’impression que l’économie monégasque est solide et a bien su tenir face à cette crise. On connaît les piliers du modèle économique monégasque avec le bâtiment, l’immobilier et le tourisme, qui sont particulièrement présents. Ce dernier est fortement impacté mais le bâtiment, lui, à l’air de repartir convenablement. Nous avons quand même la chance d’être dans un pays investi et très actif, avec de nombreux projets comme l’extension en mer, qui nous font croire en l’avenir. Il n’y a pas d’affolement, même s’il faudra être vigilant avec les délais de paiements qui pourraient s’allonger si certains clients ont d’éventuelles difficultés économiques. Mais je reste confiant.