Alors que la délégation monégasque affrontera le Liban à Zouk Mosbeh ce week-end (16-17 septembre) en Coupe Davis, nous sommes partis à la rencontre de Guillaume Couillard (46 ans), entraîneur et capitaine incontournable de cette délégation monégasque.

Il est arrivé là un peu par hasard, au début des années 2000. « Je devais avoir 24 ans, se remémore-t-il. La Fédération Monégasque de Tennis cherchait des joueurs à faire progresser. Je n’ai pas hésité une seule seconde. » Le destin, comme disent certains.

Né à Nancy, Guillaume Couillard a rapidement suivi son père et donné ses premiers coups de raquette à l’âge de cinq ans, en Bourgogne, puis en Champagne-Ardenne.

Une carrière tardive, loin du chemin classique

Si son potentiel est évident, ce n’est qu’à l’âge de dix-neuf ans que le déclic va se produire. « J’ai percé sur le tard, reconnaît ce grand fan de Björn Borg et Yannick Noah. Les études ne me passionnaient pas, alors j’ai décidé de passer mon Brevet d’État pour devenir professeur de tennis. Mais j’ai raté mon inscription. Je devais attendre l’année d’après. »

Je dois beaucoup à la baronne Elizabeth-Ann de Massy, qui a énormément compté pour moi et qui m’a toujours apporté son soutien indéfectible

Guillaume Couillard

Le garçon ne se laisse pas abattre et décide de se lancer sur le circuit pendant une saison complète. Méconnu du grand public, Guillaume Couillard enchaîne les tournois et connaît une progression vertigineuse. Avec son jeu fait de slices en revers et d’amorties bien senties, le Lorrain fait déjouer ses adversaires et commencent à faire parler de lui.

« J’ai disputé quatre-vingt matchs et remporté près de soixante-douze victoires, énumère-t-il. C’est à partir de cette saison que l’on a commencé à me suivre et que ma carrière a débuté. »

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Sur le circuit secondaire, Guillaume Couillard atteint la 550e place mondiale, fait partie des trente meilleurs joueurs français et s’éclate sur les tournois Futures pendant plusieurs saisons. Mais les blessures ralentissent sa progression. L’opportunité de rejoindre le Rocher se présente alors à lui. Le début d’une aventure qui dure depuis maintenant plus de vingt ans.

©Fédération Monégasque de Tennis

« Je dois beaucoup à la baronne Elizabeth-Ann de Massy, qui a énormément compté pour moi et qui m’a toujours apporté son soutien indéfectible, souffle-t-il avec une pointe d’émotion dans la voix au moment d’évoquer l’ancienne présidente emblématique de la Fédération Monégasque de Tennis et du Monte-Carlo Country Club.

J’ai ensuite eu la chance de défendre les couleurs de Monaco en Coupe Davis. J’ai également joué en double avec Jean-René Lisnard au Rolex Monte-Carlo Masters, face à la paire Nadal-Robredo ou contre le duo Wawrinka-Monfils. »

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Père de deux filles, dont la première est née en 2005, Guillaume Couillard décide de lever le pied peu à peu. À 32 ans, le spécialiste de la terre-battue s’imagine un nouveau destin : celui d’entraîneur. « J’ai arrêté ma carrière de joueur en 2007 pour me consacrer pleinement à ce nouveau rôle. »

Entraîneur au sein de l’équipe de Coupe Davis depuis 2008, celui qui joue au padel à ses heures perdues avec le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps, prend sous son aile les joueurs de la Fédération Monégasque de Tennis.

Il a entraîné les meilleurs joueurs monégasques

De Jean-René Lisnard, à Benjamin Balleret, en passant par Romain Arneodo, Lucas Catarina, Thomas Oger, Clément Morel, Hugo Nys ou encore Valentin Vacherot, Guillaume Couillard a encadré les meilleurs joueurs monégasques depuis une quinzaine d’années. En 2016, il est même nommé capitaine de l’équipe de Monaco en Coupe Davis.

Je marche beaucoup à l’affect et ce qui me plaît ici, c’est d’accompagner individuellement les joueurs, mais aussi faire progresser cette équipe tous ensemble

Guillaume Couillard

Un consécration pour celui qui ne se voit entraîner nul part ailleurs. « J’aurais du mal à aller entraîner un joueur que je ne connais pas sur le circuit. Je marche beaucoup à l’affect et ce qui me plaît ici, c’est d’accompagner individuellement les joueurs, mais aussi de faire progresser cette équipe tous ensemble. Ce sont des joueurs que je connais depuis tellement d’années… J’ai envie de les aider jusqu’au bout. »

En déplacement entre vingt-cinq à trente semaines par an, Guillaume Couillard entend porter Monaco jusqu’au sommet. Et pourquoi pas un retour rapide au sein du groupe I, au bon souvenir des heures de gloire de la Fédération ? Pour cela, il faudra écarte le Liban. « C’est une rencontre qui n’est pas évidente, mais c’est un adversaire à notre portée. »

Aux côtés d’une génération prometteuse, « la meilleure que j’ai connu », le capitaine de l’équipe monégasque de Coupe Davis croit plus que jamais en ses protégés. « Lucas Catarina est le meilleur monégasque de l’histoire, Valentin Vacherot ne cesse de progresser et fait partie du top 300, Romain Arneodo et Hugo Nys participent à des tournois du Grand Chelem en double. Nous avons une sacré équipe. »

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Et ce n’est peut-être pas terminé. Depuis peu, Guillaume Couillard entraîne l’un des plus grands espoirs de sa génération, un certain Lenny Petit (14 ans), numéro 1 français de sa catégorie.

« Sa mère est née ici, son père a joué pour Monaco. Il pourra représenter la Principauté plus tard. On espère qu’il sera le futur de la Fédération. » Avec Guillaume Couillard, les champions de demain sont décidément entre de bonnes mains.