Reportage

Dans les coulisses de la journée de recrutement de la Société des Bains de Mer

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Monaco Tribune

En deux jours, 451 candidats se sont présentés pour les différents postes de saisonniers à pourvoir pour l’été 2023.

Lorsque nous passons les portes du One Monte-Carlo, ce mercredi 19 octobre, c’est l’effervescence. Rangés en file indienne, étudiants débutants, saisonniers rodés et professionnels du secteur, principalement venus de Monaco, de la région Paca ou d’Italie, attendent leur tour pour passer un ou plusieurs entretiens avec les différents recruteurs, mobilisés depuis la veille dans l’espoir de trouver leurs perles rares pour l’été prochain.

Et malgré les nombreux mois qui séparent ces journées de recrutement du début de la saison 2023, le pari est réussi. En deux jours, 451 candidats sont venus déposer leur CV et échanger avec les recruteurs en quête de personnels pour les hôtels, restaurants et établissements de nuit de luxe que possède la SBM.

Réception, cuisine, service en salle… En tout, ce sont plus de 1 000 postes qui sont à pourvoir d’avril à octobre prochains. Voilà pourquoi cette session, bien que très satisfaisante pour la SBM, ne sera pas la seule. D’autres rendez-vous seront programmés tout au long de l’année, et les candidatures spontanées sont bien sûr les bienvenues.

La motivation : un atout primordial

Mais que recherchent exactement les recruteurs ? Nous avons interrompu leurs entretiens pendant quelques minutes, le temps de nous faire une petite idée sur la question.

De l’avis général, le mot-clé est « motivation ». Si, comme nous le confirme Sophie Vincent, Directrice des Ressources Humaines de la SBM, le groupe n’est plus aussi exigeant qu’auparavant sur l’expérience professionnelle, il le reste en revanche sur l’attitude et la posture à adopter : « aujourd’hui, nous sommes très attentifs, et peut-être encore plus qu’avant, à la personnalité, à la motivation, plus qu’au savoir-faire technique, sur lequel on peut former. On peut imaginer que des personnes en reconversion, une fois formés avec nous, feront de très bons professionnels. Le socle, c’est la motivation. »

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Sophie Vincent, Directrice des Ressources Humaines du Groupe Monte-Carlo SBM © Direction de la Communication / Stéphane Danna

Un constat partagé par Ibrahima Sane, Fanny Amplis, Paolo Trentini et Giusy Dore, tous en recherche de futurs réceptionnistes. Un métier qui nécessite un véritable sens de la présentation, dès l’arrivée en entretien, et pour cause : il s’agit de la vitrine des établissements où se rendront les clients. « Il faut de la motivation avant même l’expérience. Le sourire, l’attitude… S’ils ne l’ont pas spontanément, on ne pourra pas le leur apporter. Il faut savoir gérer son stress face aux clients, car certains peuvent être très, très durs, voire impolis. Il faut savoir rester calme. Après, il est fortement recommandé de savoir parler anglais et italien, puisque nous sommes sur une clientèle internationale. (…) Travailler à la réception, c’est un métier passionnant : vous faites le tour du monde en restant où vous êtes », témoignent-ils.

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De gauche à droite : Giusy Dore, Responsable pôle accueil des Thermes marins, Paolo Trentini, chef réception au Monte-Carlo Bay, Fanny Amplis, chef réception à l’Hermitage et Ibrahima Sane, assistant chef réception à l’Hôtel de Paris – © Monaco Tribune

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Même chose pour le service en salle. Julien Dion, premier maître d’hôtel au Monte-Carlo Beach nous accueille et nous le confirme : ce qui compte, c’est la posture et l’apparence. « On peut former, mais si la personne n’a pas envie, il vaut mieux qu’elle reste à la maison. C’est plutôt positif de voir que les gens se déplacent jusqu’à nous. S’ils font la démarche de venir, c’est qu’ils sont sans doute motivés », explique-t-il en désignant l’épaisse pile de CV sur son bureau.

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Julien Dion, premier maître d’hôtel au Monte-Carlo Beach – © Monaco Tribune

Bien entendu, la motivation seule ne suffit pas toujours. Certains métiers nécessitent évidemment de justifier d’une expérience préalable. C’est ce que nous confirment Pascal Garrigues, Laurent Piolti et Cyril Natta, au pôle cuisine. Respectivement chef exécutif au Monte-Carlo Beach, sous-chef à l’Hermitage et chef pâtissier au Café de Paris, ils rappellent les contraintes du métier, en particulier dans l’industrie du luxe : « ce sont des métiers en tension. Les commis doivent bien présenter, bien s’exprimer. Mais pour les autres postes, évidemment, il faut avoir une certaine expérience. Nous sommes dans une brigade de cuisine : il y a une hiérarchie à respecter. »

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De gauche à droite : Cyril Natta, chef pâtissier au Café de Paris, Pascal Garrigues, chef exécutif au Monte-Carlo Beach et Laurent Piolti, sous-chef à l’Hermitage – © Monaco Tribune

On est à Monaco, il faut faire rêver les gens

Yoann Guerif

Pour les chefs, qui cherchent une quarantaine de cuisiniers pour la saison 2023, le plus important serait de conserver les talents dénichés, au-delà de la saison, concurrence oblige : « le but, c’est de tout faire pour qu’ils aient envie de revenir après. On essaie de garder les meilleurs profils dans la Société. Les cuisiniers, et surtout les pâtissiers, sont difficiles à trouver. (…) On pourrait faire une brigade volante des cuisiniers, qu’on utiliserait l’été au Monte-Carlo Bay ou au Beach et l’hiver à l’Hermitage, à l’Hôtel de Paris ou au Sporting. Il va falloir commencer à penser différemment pour remplir les postes. Il faudrait proposer des contrats plus longs : ce n’est pas compliqué d’attirer les candidats, le plus dur c’est de les garder ensuite. »

Pour Yoann Guerif, guest relation manager de Coya, et Moïse Bluteau, manager du Buddha-Bar, ce recrutement soulève un autre défi : celui de trouver des employés qui seront à la fois capables de faire preuve de professionnalisme, tout en dévoilant leur vraie personnalité. Car dans le monde de la nuit, les caractères affirmés sont les bienvenus. Et les deux collègues ne sont pas en reste pour glisser quelques plaisanteries lors de l’interview :

« Dans le nightlife, on rentre dans une restauration festive, avec de la musique forte. Il faut une attitude, un tempérament, une manière de faire très différents d’un chef de rang au Louis XV, par exemple. Techniquement, c’est le même métier. Mais nous, nous laissons les traits de caractère des employés s’exprimer, tout en gardant les rennes. C’est d’autant plus complexe. On doit pousser les employés à faire la fête, sans oublier que c’est un travail. (…) On est à Monaco, il faut faire rêver les gens. On ne peut pas travailler avec des gens qui prient le Buddha en début de service pour qu’il n’y ait personne ! »

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Yoann Guerif, guest relation manager de Coya, et Moïse Bluteau, manager du Buddha-Bar – © Monaco Tribune

Manuel sort d’ailleurs de son entretien avec le duo. Venu postuler pour travailler en salle, le jeune homme est déjà passé par la case SBM et n’hésite pas à renouveler l’expérience : « C’est très intéressant de travailler ici. C’est très festif, j’espère que je serai choisi. L’entretien s’est très bien passé, ils sont très gentils », confie-t-il.

Manuel souhaite néanmoins mettre toutes les chances de son côté, en postulant auprès d’un autre établissement. Et pas n’importe lequel : la chaîne Amazónico posera bientôt ses valises à Monte-Carlo et recherche, pour ce nouvel établissement, pas moins de 193 employés, toutes spécialités confondues : salle, bar, restauration, sommellerie et même sushis.

Amazónico : 193 postes à pourvoir

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Confiant, Nicolas Defremont, du groupe D.ream International, semble avoir déjà déniché quelques très bons profils. Là encore, si certains postes demandent de l’expérience, notamment en cuisine, la motivation est primordiale.

Nicolas en sait quelque chose : il a lui-même une belle histoire à raconter : « Vous savez, moi j’ai commencé en faisant la vaisselle. Puis j’ai été commis, serveur, maître d’hôtel et ainsi de suite. C’est l’école de la vie et c’est ce que l’on veut apporter. Sans diplôme, sans école, avec juste un sourire et la bonne attitude, on peut avoir une carrière incroyable. (…) C‘est vrai qu’on ne peut pas recruter 193 personnes qui n’ont aucune expérience, mais dans le lot, les débutants qui ont l’envie et la motivation, on va leur apprendre et les faire grandir. (…) Nous sommes une marque internationale, basée à Madrid, Londres et Dubaï, et nous allons ouvrir à Miami et Riyad. Ce qui veut dire que ce seront de nouvelles opportunités pour ceux qui nous rejoignent aujourd’hui à Monaco. »

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Nicolas Defremont, Directeur des opérations mondiales pour le groupe D.ream International et Sébastien Verdino, Directeur du pôle urbain de la SBM – © Monaco Tribune

Car c’est là l’un des atouts de la SBM : en plus de constituer une formidable carte de visite pour ses membres, qui se forment auprès de grands professionnels, tout en bénéficiant de salaires intéressants, comme le rappelle Sophie Vincent, la SBM est une maison où fleurissent les perspectives d’évolution, que ce soit au sein d’un même établissement, ou de l’un à l’autre.

C’était un pari de recruter aussi tôt, mais c’est un pari réussi.

Sophie Vincent

Giovanna est d’ailleurs venue passer l’entretien pour Amazónico. Déjà employée chez Mada One, elle souhaite tenter cette nouvelle aventure en tant que bar assistant manager : « je suis plus barman que barista. Le Mada One, c’est super : on a une très bonne ambiance dans l’équipe et avec les clients, mais on fait beaucoup de cafés. J’aimerais essayer quelque chose de différent. J’espère que l’entretien s’est bien passé, je suis toujours un peu critique envers moi-même, mais on verra bien ! »

Du côté des recruteurs, en tout cas, le constat est globalement positif. « C’est bien qu’on ait eu plein de jeunes ces deux jours, ça veut dire que le message est passé. En tant que gros groupe, la SBM a un rôle de recruteurs à jouer en ces temps difficiles », souligne Julien Dion. « Là on retrouve des jeunes qui arrivent avec une motivation, une détermination qu’on n’avait pas vues depuis longtemps. C’est une très bonne nouvelle pour nous tous, car c’est encore très compliqué de trouver de bons éléments. La meilleure des choses que l’on puisse faire, c’est de former ces jeunes directement », ajoute Yoann Guerif.

Sophie Vincent confirme : ces deux journées affichent un meilleur bilan que l’an dernier, année encore très marquée par la crise du Covid-19. « C’est très positif, c’était un pari de recruter aussi tôt, mais c’est un pari réussi. (…) Ça nous rassure de voir qu’il reste des candidats motivés pour ces postes. »

A l’issue de ces deux journées, les recruteurs le savent : ils ont encore du pain sur la planche pour compléter définitivement leurs équipes en vue de l’été prochain. Mais d’ici là, de nombreux candidats pourraient bientôt recevoir une proposition pour rejoindre la grande famille de la Société des Bains de Mer et, qui sait, y revenir la saison suivante ?


Intéressés pour postuler ?

Si vous avez raté cette session, pas de panique ! De nouvelles journées de recrutement seront organisées en février / mars. La SBM sera également présente à différents forums de recrutement, partout en France.

Vous pouvez également envoyer une candidature spontanée, avec votre CV à : recrutement@sbm.mc.