Récit

Isabelle Rivère (Point de Vue) : ses anecdotes sur la Reine Elizabeth II et le Prince Albert II

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Monaco Tribune - De gauche à droite : Cédric Verany, Milena Radoman, Isabelle Rivère et

L’auteur et journaliste a donné une conférence à Monaco, au cours de laquelle elle a partagé les coulisses de ses rencontres avec la défunte Reine Elizabeth et avec le Prince Souverain.

Une rentrée placée sous le signe de la royauté. Le jeudi 20 octobre dernier, le Monaco Press Club a lancé sa nouvelle saison au sein des locaux du Club des Résidents Etrangers de Monaco (Crem), en invitant Isabelle Rivère, auteur et journaliste pour le magazine Point de Vue, spécialisé notamment dans l’actualité des familles couronnées.

C’est donc tout naturellement que l’écrivain a partagé, non sans un brin d’émotion, ses confidences et anecdotes, tout d’abord au sujet de la regrettée Reine Elizabeth II, qu’Isabelle Rivère a eu le privilège de suivre pendant trois ans, afin de rédiger son ouvrage Elizabeth II : dans l’intimité d’un règne, publié aux éditions Fayard et réédité suite au décès de la Reine.

« Mon éditeur Fayard, en 2009, s’est aperçu qu’il n’avait pas de biographie d’Elizabeth II dans son catalogue Histoire. J’ai contacté le Palais et j’ai présenté ce projet de livre, qui voulait accompagner le Jubilé de Diamant, donc le 60e anniversaire du règne d’Elizabeth II. (…) Je voulais mettre en lumière la relation très profonde, très ancienne, très authentique que la Reine Elizabeth II entretenait depuis toujours avec la France et les Français. La Reine a appris le français très tôt, la Reine Mère venait tous les ans en vacances en France pour découvrir les splendeurs architecturales et gastronomiques françaises… Il y avait une vraie francophilie chez la Reine Elizabeth II », raconte-t-elle au cours de l’interview menée par les journalistes Cédric Verany et Milena Radoman.

Winston Churchill, le Prince Philip, Meghan Markle…

C’est donc une véritable « aventure humaine et professionnelle hors-norme » qu’Isabelle Rivère a vécue. « Pour des raisons de sécurité, on ne me donnait jamais l’emploi du temps de la Reine à l’avance, donc on m’envoyait un message pour me demander de venir le lendemain à tel endroit, à telle heure. (…) J’ai eu accès à des personnes de l’entourage immédiat de la Reine Elizabeth II, des membres de sa famille, des proches, qui d’habitude restent discrets. Je pense par exemple à la Comtesse Mountbatten de Birmanie, la cousine germaine du Prince Philip, toujours présentée comme la femme la plus intimidante du royaume. Elle m’a reçue chez elle. Elle est arrivée sur le pas de la porte, ne m’a pas dit bonjour, m’a regardée des pieds à la tête et m’a demandé : « are you married ? » * J’ai dit « oui », elle a répondu « good »** ! »

Rapport à la politique, liens avec Winston Churchill, « le Premier ministre avec lequel elle s’est le plus amusée » ou Margaret Thatcher « avec qui c’était plus compliqué »… Isabelle Rivère s’est penchée sur tous les aspects de la vie de la Reine.

Y compris sur ses relations avec le Prince Philip et les autres membres de la Famille Royale : « la Reine et le Prince Philip étaient très complémentaires. Ils formaient une vraie équipe ! Le règne n’aurait pas du tout été le même sans le Prince Philip, il l’a beaucoup aidée, notamment pour lui donner confiance en elle.

Ses dernières années de règne ont été assombries par l’affaire du Prince Andrew, mais aussi par l’affaire du Prince Harry et Meghan Markle. Sur ce dernier point, c’est difficile de savoir ce qu’il s’est vraiment passé. Je crois que ça a été le choc de deux cultures, avec la Famille Royale britannique, ses usages et traditions millénaires, avec une hiérarchie, et cette jeune femme américaine, très indépendante, conquérante, qui a l’habitude de faire son chemin seule, et qui s’est retrouvée face à une Famille qui n’a pas pu tout lui permettre.

Pour le Prince Harry, c’est aussi très difficile d’être le numéro deux, de trouver sa place. Ces incompréhensions et ces mal-êtres se sont agrégés, et ont fini par les ancrer dans l’idée qu’ils n’étaient pas les bienvenus, ce qui n’était pas vrai. Au contraire, je crois que ça a été vraiment un chagrin pour Elizabeth II. La Reine a eu une relation très forte avec ses petits-enfants, qu’elle n’a pas pu avoir en tant que mère, à cause de ses obligations. Elle recevait ses petits-enfants en tête-à-tête, sans témoins, à part les chiens. »

L’auteur a également ajouté à son ouvrage quelques anecdotes, souvent amusantes, au sujet de la Reine. Une, en particulier, à l’occasion d’une visite du couple Ceaușescu, anciens dirigeants de la Roumanie : « la Reine a raconté elle-même cette histoire. Elle était en train de se promener dans ses jardins, et c’est vrai que lorsqu’elle se promenait seule après le déjeuner, elle aimait bien être tranquille. Lorsqu’elle a vu les Ceaușescu arriver vers elle, espérant qu’ils ne l’avaient pas vue, elle a plongé derrière un buisson. Les anecdotes comme ça sont nombreuses. »

Le Prince Albert II : « un homme d’une très grande humanité »

Isabelle Rivère ne s’est pas uniquement intéressée à la Couronne britannique. En 2018, la journaliste et l’un de ses confrères ont eu l’honneur de rencontrer le Prince Albert II, ainsi que les Princesses Charlène, Caroline et Stéphanie, afin d’établir un portrait du Souverain, à l’occasion de son soixantième anniversaire.

« Ça nous a fait un plaisir infini que le Prince ait accepté. Nous nous sommes mis d’accord sur le fait que cela prendrait la forme d’une série d’entretiens qui se dérouleraient dans des lieux qui sont importants pour lui. Des lieux qui ont marqué son enfance, sa vie personnelle, ou dans lesquels il travaille. Le Prince nous a donc reçus au Palais, à Roc Agel, dans son appartement parisien, au Château de Marchais… »

Mais ce qu’Isabelle Rivère retient surtout de ces différents entretiens, c’est cette caractéristique du Souverain, confirmée par la Princesse de Hanovre : « ce qui m’a le plus touchée, c’est la très grande humanité du Prince Albert II. (…) Il a pris le temps pour nous parler, ainsi que l’ensemble des membres de sa Famille. Et ce qui ressortait, de tous ces témoignages, c’était cette humanité. La Princesse Caroline nous a dit « vous ne trouverez pas une personne plus gentille au monde que mon frère. » Ça a donné le ton de tous ces entretiens. »

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La Princesse de Hanovre n’a d’ailleurs pas hésité à confier à l’auteur un souvenir amusant, au sujet de leur enfance : « la Princesse nous a raconté ce jour où le Prince Albert enfant, à Roc Agel, était tombé dans une sorte de puits. Ils avaient très peur de se faire gronder, alors la Princesse Caroline lui a dit « surtout, ne crie pas, ne dis rien, je reviens. » Elle est revenue avec des linges et des draps noués pour aider son frère à sortir », raconte-t-elle dans un sourire.

Vous pouvez découvrir les confidences de la Famille Princière dans l’ouvrage Albert II de Monaco, l’homme et le Prince, publié lui aussi aux éditions Fayard.


* Êtes-vous mariée ?

** Bien