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Chenilles processionnaires, serpents, crapauds : les dangers du printemps pour vos animaux sur la Côte d’Azur

Près de 4000 signalements de chenilles processionnaires ont été effectués en 2025 auprès de la plateforme de signalement spécialisée en France © Observatoire des chenilles processionnaires – Fredon France
Près de 4000 signalements de chenilles processionnaires ont été effectués en 2025 auprès de la plateforme de signalement spécialisée en France © Observatoire des chenilles processionnaires – Fredon France

Avec le redoux et l’arrivée précoce des beaux jours, les premiers cas d’envenimation animale sont signalés sur la Côte d’Azur. Fin janvier signe non seulement le retour de la période des chenilles processionnaires, mais d’autres risques existent. Explications avec le vétérinaire Marc Leclerc.

La douceur de l’hiver n’a pas que des avantages. Dès la fin janvier, les centres antipoison et les cliniques vétérinaires de la région ont enregistré les premiers appels concernant les chenilles processionnaires. Le 3115, le numéro national d’urgences vétérinaires, a même cette année déployé un dispositif d’alerte aux chenilles : un outil en ligne permettant le signalement grâce à la géolocalisation et à l’ajout d’une photo. « Les premiers cas d’envenimation apparaissent dès février pour une période à risque qui s’étend jusqu’en mai », indique Marc Leclerc, vétérinaire à Ric et Rac et membre du réseau MyVet, dont une clinique se situe à Beausoleil.

La chenille processionnaire, l’ennemi numéro un

Ces larves de papillon de nuit, reconnaissables à leurs cocons de soie blanche suspendus aux pins, représentent le principal danger de la saison. Classées espèce nuisible depuis 2022, elles projettent des poils urticants contenant une toxine, la thaumétopoéine.

« Même si les chats sont concernés, le chien est le plus exposé en raison de sa curiosité. Il met sa truffe au sol, et lorsque les poils le piquent, il peut être tenté de mâchonner », explique le vétérinaire. La toxine provoque des nécroses des tissus sur les yeux, la truffe, les babines ou la langue. « Un chien qui perd plus d’un tiers de sa langue n’est plus capable de s’hydrater. Son pronostic vital est engagé », alerte Marc Leclerc.

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© Observatoire des chenilles processionnaires – Fredon France
  • Le signe d’alerte : hypersalivation soudaine ou comportement anormal après une promenade.
  • Les réflexes à adopter : rincer la gueule à l’eau sans faire avaler, en portant des gants puis consulter immédiatement un vétérinaire : « Plus la prise en charge est précoce, meilleur sera le pronostic. »

Serpents et crapauds : les autres menaces

Avec le retour des températures clémentes, d’autres animaux font leur réapparition. La vipère aspic, présente sur la Côte d’Azur, peut infliger des morsures reconnaissables à deux points de crochets. Même la couleuvre peut causer des nécroses locales si elle parvient à mordre en profondeur.

Plus inattendu : le crapaud constitue également un danger. « Les chiens apprécient de jouer avec les crapauds et ont tendance à les lécher. Or, ils ne savent pas s’arrêter et peuvent s’intoxiquer gravement », explique Marc Leclerc. Le venin sécrété par les glandes cutanées du batracien provoque des troubles du rythme cardiaque (arythmies) potentiellement fatals.

Ces trois types d’envenimation partagent un risque commun : le choc anaphylactique, avec des troubles de la coagulation potentiellement mortels.

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Parasites : une vigilance toute l’année

Contrairement aux idées reçues, les parasites ne connaissent pas de trêve hivernale sur la Côte d’Azur. « Les puces et tiques sont présentes toute l’année. Les moustiques également », confirme le vétérinaire qui observe des cas tout au long de l’année.

Les tiques véhiculent la piroplasmose (ou babésiose), infection qui détruit les globules rouges, ainsi que la maladie de Lyme. Le phlébotome, petit moucheron piqueur particulièrement actif d’avril à octobre (plus rarement en hiver), transmet la leishmaniose, qui provoque des lésions cutanées et des atteintes rénales potentiellement mortelles.

Enfin, le rat représente un risque avec la leptospirose, infection bactérienne transmise par les urines de rongeurs. « Partout où il y a des rats, il y a de la leptospirose. Les éboueurs sont d’ailleurs vaccinés contre cette maladie transmissible à l’homme, souligne Marc Leclerc. Cette infection peut provoquer insuffisance rénale et atteinte hépatique avec un taux de mortalité élevé pour les animaux. » Des vaccins existent pour la leishmaniose et la leptospirose.

Les bons réflexes de prévention

  • Pour les chenilles processionnaires, des éco-pièges permettent de capturer les larves lors de leur descente. Le vétérinaire déconseille les produits chimiques : « Il faut garder à l’esprit que nous sommes tous le nuisible d’un autre. Mieux vaut favoriser les prédateurs naturels comme les mésanges. »
  • Pour les crapauds, « il est possible de les déplacer dans un endroit éloigné. Surtout, il ne faut pas les tuer : ils sont essentiels à la biodiversité. »
  • La prévention repose sur la vaccination et les traitements antiparasitaires. « Un animal correctement vacciné et traité contre les puces, les tiques et les phlébotomes est protégé contre la majorité de ces risques », résume Marc Leclerc.
  • Dernier conseil : inspecter son compagnon au retour de chaque promenade, surtout lorsqu’on se trouve à proximité des points d’eau. Une vigilance qui peut lui sauver la vie.

En cas d’urgence, contacter le 3115, rendez-vous en clinique, ou directement sur le site internet pour signaler des chenilles processionnaires.