Un jeune homme condamné pour avoir insulté et craché sur un agent de la Sûreté publique
Un jeune monégasque de 22 ans a été jugé en son absence par le tribunal correctionnel de Monaco pour des faits survenus dans la nuit du 19 juillet 2025.
Contrôlé en état d’ivresse sur le boulevard Albert Ier, l’homme a multiplié les refus de se soumettre aux tests de dépistage et a insulté un fonctionnaire de la Sûreté publique.
Vers 5 heures du matin, un agent de la Sûreté publique repère un véhicule circulant « de manière hasardeuse » sur le boulevard Albert Ier. Le conducteur de 22 ans, né à Monaco et employé par une société monégasque, présentait des signes évidents d’ivresse. Le contrôle routier tourne rapidement à l’affrontement. Le prévenu refuse d’obtempérer et ne peut présenter aucun document de conduite. L’agent doit user de la contrainte pour le faire sortir de son véhicule. Mais l’incident ne s’arrête pas là. Au moment d’être remis à l’équipage venu le prendre en charge, le prévenu insulte le fonctionnaire, le traitant de « fils de pute » et de « trou de cul », avant de lui cracher dans le dos.
Neuf refus de se soumettre aux tests
Placé en garde à vue, le jeune homme refuse à neuf reprises de se soumettre aux différents tests de dépistage d’alcool et de stupéfiants, y compris la prise de sang. Lors de son audition, il reconnaît avoir consommé une demi-bouteille de Jack Daniels et deux verres de whisky-coca avant de reprendre son véhicule pour « faire 500 mètres ». Interrogé sur son comportement et son refus d’obtempérer, il déclare avoir « juste envie de faire chier » et avoir cherché l’altercation. Étant jeune conducteur, il explique avoir refusé les tests dans l’espoir que cela « arrange les choses », conscient que son statut aggraverait sa situation en cas de résultat positif. S’il conteste le crachat sur l’agent, il admet avoir craché au sol et reconnaît partiellement les insultes proférées. Le prévenu avait déjà été condamné par le passé pour alcool au volant et violence, il avait écopé de 800 euros d’amende avec sursis.
À l’audience, l’agent de la Sûreté publique, âgé de 57 ans et fort de 33 ans d’expérience, témoigne : « C’est une personne qui cherchait à dominer la situation. Il a multiplié les mauvais choix, on a essayé de l’aider, mais il était réfractaire, c’était une situation ingérable, il était dans le refus systématique ». Son avocat plaide la constitution de partie civile, soulignant le « dédain » et le « mépris » ressentis par son client face à ce comportement. « Le préjudice est important. Ce fonctionnaire s’est fait cracher dessus par un jeune de 22 ans, ça l’a touché », déclare-t-il, réclamant 1 500 euros de dommages et intérêts.
La procureure rappelle la gravité des faits : « Il a consommé une demi-bouteille de whisky et deux verres de whisky-coca. Au moment de son audition, son comportement était irresponsable. Il a pris le risque de se tuer et de tuer tous ceux qu’il peut croiser sur la route. À neuf reprises, il refusera de se soumettre à tous les tests de police ». Elle souligne la dangerosité du prévenu, conteste sa version des événements et rappelle qu’il est « déjà connu dans un contexte d’alcoolisation ». Évoquant les outrages commis envers la Sûreté publique « qui est là pour nous », la magistrate insiste sur l’absence du prévenu au tribunal et requiert trois mois de prison avec sursis, la suspension du permis pendant un an avec interdiction de conduire en Principauté, ainsi que la révocation du sursis antérieur.
Troubles TDAH et ORL
Absent à l’audience, le prévenu est représenté par son avocat qui tente d’expliquer son comportement. L’homme souffrirait d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ainsi que de tics ORL. La défense conteste formellement le crachat sur l’agent, affirmant qu’il s’agit d’un crachat au sol. Le prévenu aurait « l’habitude de cracher » en raison d’une « nécessité de se racler la gorge constamment ». L’avocat évoque également une « frustration » lors du contrôle. Son client aurait voulu prendre son téléphone pour accéder aux papiers du véhicule de fonction mais en aurait été empêché. Cette situation aurait déclenché son agacement, alimenté par son impulsivité liée au TDAH.
La défense rappelle également que l’accusé présentait un hématome important au visage, constaté par le CHPG, et qu’il s’est montré disposé à collaborer dès le lendemain matin. Soulignant que son client exerce une activité professionnelle à Monaco et qu’il doit y revenir dans deux mois, l’avocat a demandé au tribunal de ne pas suivre les réquisitions du parquet. Son client a en effet besoin de conduire pour son travail et ne peut se permettre qu’une condamnation apparaisse sur son casier judiciaire.
Après délibération, le tribunal a reconnu le jeune homme coupable de l’ensemble des charges. Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis, à une suspension de permis de conduire pendant un an avec interdiction de conduire en Principauté, et à 45 euros d’amende pour non-présentation du permis.
Le tribunal a également ordonné la révocation du sursis antérieur et a rejeté la demande de non-inscription au casier judiciaire. Enfin, la constitution de partie civile a été acceptée. Le condamné devra verser 1 000 euros de dommages et intérêts à l’agent de la Sûreté publique.







