On le surnomme « La Grande Dame blanche », comme un hommage à ce palace qui surplombe la Méditerranée et qui semble veiller sur la ville de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le Grand-Hôtel du Cap, membre du groupe Four Seasons Hotels and Resorts, est le dernier établissement de notre série sur les hôtels de légende de la Riviera. 

« On ne peut pas parler du Grand-Hôtel si on n’évoque pas l’histoire du village de Saint-Jean-Cap-Ferrat » estime François-Régis Simon, directeur général du palace depuis le 27 avril 2015. À la fin du XIXe siècle, la commune est une terre aride, un hameau dépendant de Villefranche-sur-Mer, où des pêcheurs et des agriculteurs vivent dans des petites maisons autour de l’église et du port. C’est le roi Léopold II de Belgique qui va permettre le développement du village en devenant propriétaire d’une belle villa. Afin de pouvoir faire venir ses amis, deux hôtels sont construits dont le Grand-Hôtel du Cap en 1908.

Et depuis 112 ans, l’hôtel de luxe de la Riviera n’a cessé de se réinventer. En 1914, il est réquisitionné pour servir d’hôpital de guerre, en 1933 il devient le décor du film Don Quichotte qui lui apportera la célébrité, et les célébrités. À cette même époque, le tourisme estival fait ses premiers pas sur la Côte d’Azur et le Grand Hôtel attire une certaine aristocratie. Depuis, la Reine Victoria, Winston Churchill, l’actrice Elizabeth Taylor sont venus y trouver calme et repos. 

La décoration signée Pierre-Yves Rochon

En 1937, la concurrence entre les établissements pour être le plus prestigieux hôtel de la Riviera est forte. Notamment entre le Grand Hôtel du Cap et le Cap Eden Roc. Alors que l’hôtel d’Antibes est le premier à construire une piscine, les propriétaires du Grand-Hôtel du Cap, Henri Dehouve et André Voyenne, rivalisent en construisant une piscine de 33m33 de longueur, la norme olympique de l’époque. Un club de natation est alors créé en 1939. Il deviendra ensuite le Club Dauphin, un lieu où tous les habitants de Saint-Jean-Cap-Ferrat venaient apprendre à nager. 

Dans les années 50, les grandes familles américaines séjournaient au Grand-Hôtel, une tradition restée ancrée dans ces familles aujourd’hui encore. Une nouvelle clientèle qui vient apprécier les charmes de la Riviera et la décoration épurée, appliquée par le célèbre décorateur et architecte d’intérieur Pierre-Yves Rochon, lors de la dernière rénovation en 2008. François-Régis Simon explique : « C’est lui qui a donné une couleur minimaliste au Grand-Hôtel, ce mélange de blanc pour la lumière, de bleu pour le ciel et la mer, et de vert pour la nature. » 

Gastronomie et mieux-être

À cette architecture soignée s’ajoutent une offre gastronomique variée et l’envie de proposer aux clients un séjour autour de la détente. « Le Grand-Hôtel propose six salles de soin et de détente, une offre autour de l’aromathérapie. Il est entouré de jardins où on cultive des plantes aromatiques utilisées pour les soins. Notre objectif est de faire en sorte que nos clients se reposent et se ressourcent en bénéficiant de tous les atouts du Cap-Ferrat et de nos services. » 

Et François-Régis Simon espère développer encore plus cet axe dès la réouverture du palace en mars prochain. « On travaille sur les wellness retreats pour la rentrée avec des nutritionnistes, des ostéopathes afin de proposer des séjours clés en main autour du mieux être. » Et ce n’est pas le seul projet. Le Chef Pâtissier au Grand-Hôtel, Florian Margaillan, a présenté sa bûche de Noël, qu’il est désormais possible de commander pour les fêtes, une gamme de produits gastronomiques Les Délices du Cap sera également lancée en novembre, le Club Dauphin va être rénové et deux nouvelles villas vont être créées.