Le 12 octobre dernier, Meditect a remporté la 15e édition du concours des créateurs d’entreprises de BFM Business. Zoom sur les ambitions de cette jeune start-up avec Romain Renard, co-fondateur et monégasque de coeur.

Le vote des internautes a tranché. Avec 40 % des votes, Meditect s’érige comme le vainqueur face à trois autres finalistes. Sa mission principale ? Le traçage des médicaments. En effet, grâce à un système de blockchain, la start-up bordelaise détecte les contrefaçons et alerte sur les risques via une application. Un moyen de rassurer des milliers de patients en Afrique subsaharienne, cible principale de l’entreprise : « Notre service est disponible en Côte d’Ivoire. On envisage une expansion au Sénégal et au Cameroun début 2021 » revendique Romain Renard. Aux côtés d’Arnaud Pourredon, les deux hommes entendent bien assurer aux pays en voie de développement un accès à des soins de qualité.

Les étudiants de la Principauté ont du talent

Meditect compte 25 collaborateurs au sein de son équipe. Parmi eux, Romain Renard se sent « d’amour et d’attache monégasque ». Avant de s’envoler en 2013 pour Sciences Po Paris – où il a été diplômé d’un Master Finances et Stratégies– l’ancien résidant de Beaulieu-sur-Mer a effectué toute sa scolarité en Principauté. « Je suis très reconnaissant envers l’institution François d’Assise – Nicolas Barré. Elle m’a permis de construire un socle de connaissances solides ». Aujourd’hui, le jeune entrepreneur de 25 ans entretient « des liens amicaux et professionnels » à Monaco, notamment avec deux de ses investisseurs qui y sont basés. « Je reviendrais un jour et ce ne sera pas pour prendre ma retraite » assure-t-il.

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Meditect

Des médicaments authentifiés en quelques clics

À titre gratuit, la start-up Meditect propose plusieurs services via une application : prévenir les ruptures de stock dans les pharmacies, promouvoir le circuit légal, informer sur la posologie, mais surtout éradiquer les médicaments de la rue. Les lieux concernés ? L’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique subsaharienne : « Dans certains pays, il y a une circulation de 50 % de faux médicaments, soit une chance sur deux d’avoir des complications ». Pour éviter tout drame, une option de pharmacovigilance est proposée sur l’application : « Les patients peuvent participer en informant sur les potentiels effets indésirables.»

Un enjeu de santé publique majeur

En ces temps de crise sanitaire, la contrefaçon des médicaments est un fléau qui gagne du terrain : « J’étais à Abidjan, il y a quelque temps. Les boîtes avec la tête de Didier Raoult y sont florissantes » se désole Romain Renard. Assurément, cette fantaisie de soins est néfaste : « Le médicament est le bien le plus contrefait au monde. Chaque année, les laboratoires enregistrent près de 200 milliards de dollars de manque à gagner. » Au-delà de l’enjeu économique, le co-fondateur de Meditect assure que : « Les dégâts humains s’élèvent à un million de morts par an, soit plus que le sida et le paludisme réunis. »