L’Aéroport de Nice-Côte d’Azur subit de plein fouet la crise sanitaire liée à la Covid-19. Tant sur la chute du trafic aérien, liée à l’effondrement de la fréquentation, que sur les mesures d’hygiène mises en place pour lutter contre la propagation du virus. Entretien avec Franck Goldnadel, directeur de l’aéroport niçois, fraîchement arrivé, au coeur de la tempête, en septembre dernier. 

Quel est actuellement l’état du trafic aérien à l’aéroport Nice-Côte d’Azur ? 

Le trafic est le même en ce moment que durant le premier confinement. On a en effet vécu un premier confinement entre mi-mars et mai avec une dizaine de vols par jours. Avec le déconfinement, le trafic était reparti cet été mais sans être à la hauteur, entre 40 et 50% du trafic habituel. Puis, le second confinement a été annoncé avec un impact modéré la première semaine le temps que les clients repartent après les vacances d’octobre. Maintenant, on est dans les semaines les plus compliquées pour nous. C’est déjà une période habituellement calme, mais là, nous avons seulement une dizaine de vols par jour. Clairement, on est très attentif à ce qui va se passer. On attend avec impatience les décisions du gouvernement français la semaine prochaine.

Le trafic des jets privés connaît une baisse moins forte que le trafic commercial

L’aéroport de Nice-Côte d’Azur est le premier à expérimenter les tests antigéniques…

Grâce à la mobilisation de la Métropole et au ministère des Transports, on a pu mettre en oeuvre des tests antigéniques en effet au départ de l’aéroport, sur la base d’une expérimentation, c’est-à-dire que les clients sont volontaires, il n’y rien d’obligatoire. En revanche, il est vrai que cela peut aider car faire ce test au départ peut éviter de faire la queue pour un autre test à l’arrivée. On espère que ces tests rapides deviendront une règle en Europe pour rassurer les passagers et lutter contre la maladie, afin d’accompagner la reprise du trafic. Il faudra pour cela que les pays européens soient cohérents à ce sujet. C’est le cas aujourd’hui déjà avec l’Italie. 

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Le trafic des jets privés a-t-il également subit cette crise sanitaire ?

Le trafic d’affaire est une activité très importante de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur. Il représente entre 30 et 40% du trafic global. Il a subi les contraintes de la pandémie, comme la fermeture des frontières. Mais pour les voyageurs d’affaire européens, c’est aujourd’hui plus facile de se déplacer sur un vol d’affaire que sur les lignes commerciales, qui sont moins assurées. Ainsi, le trafic des jets privés connaît une baisse, mais une baisse moins forte que le trafic commercial. 

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Une chute de la fréquentation qui sera entre 65 et 70%

Comment s’annonce le bilan de l’année 2020 ? 

L’année n’est pas encore terminée mais on devrait connaître une chute de la fréquentation, qui sera entre 65 et 70%, comparé aux quinze millions de passagers qu’on a eu en 2019. Ce qui a forcément des conséquences pour l’ensemble du territoire… Il n’y a plus de tourisme d’affaire, de congrès, d’activité donc le transport est forcément impacté. D’ailleurs, nous avons fermé le Terminal 1 pour concentrer le trafic sur le Terminal 2.

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Comment envisagez-vous l’avenir ?

Il faut qu’on regarde 2021 et qu’on soit au rendez-vous quand la reprise va se lancer. Les vaccins se multiplient, on connaît mieux la maladie, on sait que 2021 devrait être le début de la sortie du tunnel. Ce sont des éléments forts. Maintenant reste à savoir quand aurons-nous suffisamment de confiance et d’assurance pour que la vie puisse reprendre à l’aéroport de Nice-Côte d’Azur ? Notre aéroport et son territoire ont des atouts forts qui demeurent, ils restent attractifs. Mais selon les estimations, et il y a un consensus à ce sujet dans l’aviation, le trafic ne devrait pas retrouver son niveau de 2019 avant 2024. Ce n’est pas une crise qui va s’oublier en quelques mois, elle va peser durant plusieurs années. Avec la Métropole de Nice et la Principauté de Monaco, nous nous tenons au courant de la planification des événements pour qu’on soit en ordre de bataille dès qu’on le pourra. J’espère vraiment que la reprise sera la plus forte possible pour l’ensemble du territoire.

Le Terminal 2 de l’Aéroport Nice Côte d’Azur.