The Animal Fund : dix ans d’engagement pour sensibiliser à la protection marine
L’association fondée par Berit Legrand organisait, jeudi 4 décembre au Yacht Club de Monaco, son premier gala. L’occasion de célébrer dix ans d’actions en faveur de la protection marine.
Il fallait, pour accéder à la Ballroom du Yacht Club de Monaco jeudi soir, passer entre des sirènes juchées sur de grandes échasses et sillonner les allées avec de jeunes hommes costumés de LED bleues évoquant la forme d’un coquillage. Un seuil symbolique vers un monde où l’océan était roi. Rorqual, cachalot, dauphin de Risso… Dans cette salle où les tables portaient les noms de cétacés, l’association The Animal Fund (TAF) célébrait ses dix années d’existence lors d’un gala qui tenait autant de la fête que du manifeste. Pour rappeler leur engagement, quelques invitées avaient même opté pour des robes aux motifs inspirés des coraux.
Fondée en 2015 par Berit Legrand, une Danoise au parcours singulier, TAF s’est imposée comme une voix discrète mais tenace dans le paysage de la protection marine. L’association, enregistrée dans la Principauté, mène depuis une décennie un travail de fond qui va des salles de classe aux plages de la Côte d’Azur, des campagnes contre le plastique aux actions de sensibilisation sur la chasse à la baleine en Norvège et en Islande.

« J’ai tout quitté »
Le fils de la fondatrice, Angelo Legrand, entrepreneur spécialisé dans le développement durable et membre du conseil d’administration de l’association, a ouvert la soirée en convoquant les mots de l’océanographe américaine Sylvia Earle : « Sans eau, pas de vie. Sans bleu, pas de vert. » Une formule devenue emblématique des défenseurs des océans, et qui résonne avec une acuité particulière à l’heure où la biodiversité marine s’effrite.
J’ai compris que si je voulais changer le monde, je devais d’abord changer moi-même.
Attablés dans l’immense salle du Yacht Club, les convives ont vu leur repas ponctué d’une performance de danse aérienne sur tissu avant que Berit Legrand elle-même ne saisisse le micro pour dire quelques mots sur sa décennie d’engagement. Cette femme dynamique de 63 ans – qui pratique aussi bien le ski nautique en compétition que le jiu-jitsu – a livré un récit de conversion. « J’ai passé de nombreuses années dans la finance, toujours en mouvement, à courir après des objectifs et des chiffres, a-t-elle confié. Plus tard, je suis devenue formatrice et coach. Mais malgré tout cela, il me manquait quelque chose. »
Ce quelque chose, elle l’a trouvé dans la prise de conscience de la fragilité des écosystèmes marins. « J’ai compris que si je voulais changer le monde, je devais d’abord changer moi-même. J’ai donc tout quitté et j’ai choisi de consacrer ma vie à l’océan et aux baleines qui protègent notre souffle même. »



Former les consciences
Depuis sa création, TAF a déployé un arsenal d’initiatives pour protéger les océans et sensibiliser le public. L’axe le plus structurant sur le pourtour méditerranéen demeure l’intervention dans les établissements scolaires de Monaco et de la région niçoise, où les bénévoles de l’association sensibilisent les élèves au rôle de l’océan – qui produit plus de la moitié de l’oxygène terrestre – et à l’importance des cétacés dans la régulation des écosystèmes. « Ces enfants et ces jeunes sont plus engagés que jamais, a souligné Berit Legrand. Ils écoutent, ils apprennent et ils agissent. Ils ont compris que protéger l’océan n’est pas seulement une mission, c’est une urgence. »
Ils ont compris que protéger l’océan n’est pas seulement une mission, c’est une urgence.
Clare Mepstead, bénévole de l’association, accompagne cette démarche sur le terrain aux côtés de Berit. Elle intervient notamment dans les écoles niçoises et participe aux opérations de nettoyage des plages que TAF organise régulièrement : « Ce qui nous rend optimistes, c’est de voir que les plus jeunes générations sont parfaitement éveillées aux questions environnementales comme le tri sélectif. »
À ces actions de proximité s’ajoutent des campagnes de plus grande envergure : lutte contre les plastiques à usage unique, sensibilisation aux effets des crèmes solaires sur les récifs coralliens, dénonciation de la surpêche et des filets fantômes qui piègent les mammifères marins. L’association milite également contre la captivité des cétacés et la chasse à la baleine, encore pratiquée dans plusieurs pays nordiques.



Une soirée placée sous le signe des mers et océans
La soirée a démontré que l’association avait su fédérer toutes les générations. Parmi les convives se trouvaient l’ancienne marathonienne britannique Paula Radcliffe, ambassadrice de TAF, et le nageur Noam Yaron ayant récemment relié Monaco et Calvi à la nage.
Une vente aux enchères a ensuite vu un casque dédicacé de Charles Leclerc adjugé à 7 500 euros au milieu d’autres lots comme un voyage en Islande et des bijoux artisanaux.
Citant le coach américain Tony Robbins – « Ce n’est pas ce que nous savons, mais ce que nous faisons » –, Berit Legrand a conclu par une interpellation : « Si les baleines nous donnent la vie, vous joindrez-vous à nous pour protéger la leur ? » Une question qui, au-delà de la rhétorique, résume l’ambition d’une association entrée dans sa deuxième décennie, forte de ses fonds récoltés.







