Edelyne fondatrice de « Menton Inspire », le premier podcast dédié aux entrepreneurs mentonnais
Depuis deux ans, cette juriste à Monaco donne la parole aux entrepreneurs de Menton à travers son podcast. Avec 28 épisodes à son actif, Edelyne met particulièrement en lumière les femmes entrepreneures de la cité des citrons.
Edelyne travaille à Monaco depuis onze ans dans le domaine juridique. Actuellement partagée entre deux cabinets spécialisés en droit social et droit du travail, la jeune femme de 32 ans a toujours nourri une passion parallèle pour le journalisme et la création de contenu : « Je suis de l’époque des blogs ! Ça m’a toujours plu », confie-t-elle. Cette appétence pour l’écriture l’a d’abord menée à créer son blog « Juste Edelyne », avant de franchir le pas du podcast.
L’idée de « Menton Inspire » est née d’un constat : il y a deux ans, aucun podcast ne mettait en lumière la cité des citrons. Edelyne, dont la famille est originaire de Menton sans qu’elle y ait toujours vécu, possède ce regard à la fois intime et extérieur qui lui permet de porter un œil nouveau sur la ville. « Je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée de mettre en avant Menton. »
Un ancrage local qu’elle ne compte pas abandonner malgré la tentation d’élargir à la Côte d’Azur : « J’ai découvert de super adresses à Nice qui mériteraient aussi d’être mises en avant, mais je pense qu’il y a assez de créateurs de contenu sur Nice pour le faire ». Son objectif est d’ailleurs de déconstruire les clichés autour de Menton : « Pour moi, c’est important de montrer que ce n’est pas qu’une ville de vieux, parce que malgré tout, je l’entends encore beaucoup, ce qui a tendance à m’agacer ! »
La sororité comme ligne éditoriale
Si des hommes ont participé au podcast, Edelyne assume un parti pris délibérément féministe : « Pour moi, c’était important de mettre en avant des femmes parce que je trouve qu’on est encore, malgré l’époque, sous-représentée et ça donne des modèles aussi aux petites filles ou jeunes femmes qui se demandent si elles seraient capables ». Des sophrologues aux esthéticiennes, en passant par des créatrices de décors miniatures, son objectif est de démontrer que les femmes peuvent entreprendre dans tous les domaines et servir de modèles aux jeunes générations.

Un processus de création exigeant
Chaque épisode, d’une durée de 15 à 30 minutes, représente un investissement considérable. Edelyne envoie ses questions en amont, enregistre l’interview, puis passe de longues heures au montage. « Je supprime tout ce qui est tics de langage si possible, je coupe les hésitations et s’il y a un cafouillage à un moment, je leur explique qu’ils font une pause, on laisse quelques secondes et on reprend la phrase à zéro », détaille-t-elle. L’absence de caméra rassure ses invités, souvent intimidés par l’exercice. La podcasteuse a également investi personnellement dans du matériel professionnel et, cet été, a commandé une introduction musicale à un créateur pour donner une identité sonore à son émission.
Après avoir démarré avec son cercle proche, Edelyne a progressivement élargi son réseau grâce à Instagram, notamment dans la sphère des commerçants et entrepreneurs mentonnais. Certaines de ces rencontres se sont transformées en amitiés réelles. « Ça dépend un peu de mon envie et de mon humeur. Cette année, j’avais envie d’interviewer un peu plus de créatifs, mais ça se fait beaucoup au feeling et au fil des rencontres. Il n’y a pas de règle », explique-t-elle.
Aujourd’hui au 28ᵉ épisode, « Menton Inspire » se diffuse sur Spotify, Deezer et Apple Podcast. Si la visibilité reste locale, Edelyne a vécu un moment marquant il y a deux ans au forum des associations de Menton : une jeune femme nouvellement installée l’a reconnue. « Elle avait découvert le podcast et l’avait écouté parce que ça lui permettait de s’intégrer et de découvrir Menton différemment. Depuis, on est devenues amies », raconte-t-elle, encore touchée par cette rencontre : « J’étais choquée parce que je pensais qu’il n’y avait que mes amis et les amis d’amis qui écoutaient ! »

Malgré la charge de travail, Edelyne refuse de rendre son podcast lucratif : « Je n’ai pas envie de mettre de la publicité, à moins que ce soit vraiment ultra pertinent et local. Je ne veux pas que ce soit vécu comme quelque chose qui parasite l’épisode ». La question de faire payer les entrepreneurs interviewés ne se pose pas non plus : « Je ne pourrais pas interviewer tout le monde parce que tout le monde n’a pas le budget, surtout quand ce sont des petits entrepreneurs qui commencent ». Pour elle, l’essentiel est ailleurs : créer de la légitimité pour ses invités et tisser des liens : « En général, on passe un super moment, donc moi ça me fait vraiment plaisir », confie-t-elle.
Ambassadrice de Menton
Au-delà du podcast, Edelyne est ambassadrice de l’Office du tourisme de Menton depuis deux ans. Ce programme lui permet de découvrir la région et de participer à des sorties organisées comme la fête de la brebla brigasque à La Brigue. Ses recommandations pour découvrir Menton ? Le marché des Halles, les Sablettes, le quai Bonaparte et la vieille ville. Pour son adresse coup de cœur du moment, elle cite Così, un concept store pour enfants où « on peut faire son petit shopping et prendre un petit café. »

Entre son emploi salarié à temps plein, son podcast et son blog, Edelyne cultive également d’autres passions créatives, de la couture à la photographie en passant par le coloriage. Cette créatrice de contenu multiplie les projets, elle travaille à l’écriture d’un livre et envisage d’investir dans du matériel audio encore plus performant pour améliorer la qualité de ses épisodes. « Ma fierté, c’est d’être le premier podcast mentonnais et de mettre en avant beaucoup de femmes », résume-t-elle. Un projet qu’elle compte bien poursuivre, à son rythme, sans céder à la pression de la rentabilité : « Le podcast, c’est mon bébé, donc j’ai envie de faire les choses comme je l’entends ! »









