Rallye Monte-Carlo Historique 2026 : 5 voitures de légende qui ont pris le départ de Monaco
Sur la liste des 244 équipages engagés du 28e Rallye Monte-Carlo Historique, certaines automobiles dépassent le charme de l’ancienne. Elles ont gagné, révolutionné la discipline, marqué la culture populaire, et porté des pilotes devenus mythiques.
Le Rallye Monte-Carlo Historique n’est pas une épreuve de nostalgie. C’est un livre d’histoire qui roule. Et parfois, au détour d’un numéro de course, surgissent des noms qui ne relèvent plus de la simple automobile ancienne, mais du patrimoine du sport mécanique. Sous le soleil, ce dimanche 1er février, 92 concurrents se sont élancés de Monaco pour l’étape de concentration, direction Valence. Alignés sur le Port Hercule sur la ligne de départ, cinq modèles engagés cette année résumaient à eux seuls l’évolution du rallye moderne : de la ruse légère des années 60 à la démonstration technologique des années 80.
Renault 5 GT Turbo (1985–1991) – La petite bombre devenue championne

Coiffer une petite citadine d’un turbo et l’envoyer défier les meilleures du Championnat du monde relevait du défi. Renault l’a fait, et a triomphé. Avec son rapport prix/performances imbattable et une agilité redoutable, la Supercinq GT Turbo devient la coqueluche des rallyes régionaux et la terreur des spéciales.
C’est Alain Oreille qui écrit son histoire. En 1989, il réalise l’impossible : remporter le Rallye de Côte d’Ivoire au général. Une victoire unique dans l’histoire du Championnat du monde pour une voiture de série. Deux titres mondiaux consécutifs en catégorie Production suivront. Aujourd’hui encore, la GT Turbo reste l’une des sportives françaises les plus recherchées en collection. La preuve qu’on peut gagner au plus haut niveau sans disposer de la machine la plus puissante, pourvu qu’on ait du cœur.
Parti ce dimanche 1er février 2026, c’est le duo d’équipières Stéphanie et Dorone, seul équipage 100 % féminin à partir de Monte-Carlo vers la première étape de classement à Valence, qui tentera d’agrandir ce palmarès : « Nous visons la première place de la Coupe des Dames, nous confie avec enthousiasme Dorone, qui effectue sa septième participation en tant que copilote. Stéphanie a réalisé un premier essai au volant de la voiture au rallye d’Ypres. C’est la première fois que nous roulons ensemble mais nous sommes déterminées ».
Lancia Beta Monte-Carlo (1975-1981) – L’élégante ancêtre du Groupe B

Quand la Lancia Beta Monte-Carlo apparaît en 1975, elle porte déjà les gènes de la compétition. Dessinée par Pininfarina, baptisée en hommage aux innombrables victoires de Lancia sur le Rocher, cette berlinette élégante cache un tempérament de bête de course. En version Turbo, elle remporte deux titres mondiaux en endurance (1980-1981) aux mains de Riccardo Patrese et Walter Röhrl.
Au Monte-Carlo Historique, elle rappelle qu’elle fut la matrice d’une légende : la Lancia 037, dernière propulsion à remporter un titre mondial des rallyes. Plus qu’une voiture de collection, la Beta Monte-Carlo incarne le chaînon manquant entre l’iconique Stratos et l’ère folle du Groupe B.
Alpine-Renault A110 (1969–1973) – La grâce française

Aucune autre voiture n’est aussi intimement liée au Rallye Monte-Carlo que l’Alpine A110. Dans les années 70, la berlinette bleue incarne la réussite française en rallye, jusqu’à devenir l’image officielle de l’épreuve.
Légère, précise, redoutable sur la neige, l’A110 remporte le Monte-Carlo en 1971 et 1973 et offre à Alpine le premier titre mondial des rallyes de l’histoire. Jean-Claude Andruet, Jean-Pierre Nicolas, Ove Andersson ou Bernard Darniche façonnent sa légende sur les routes alpines.
Au-delà du sport, l’A110 devient une icône nationale, omniprésente dans les affiches, les films publicitaires et les livres consacrés au rallye. Sa silhouette est aujourd’hui encore exposée dans les musées et célébrée par la renaissance moderne de l’Alpine. À Monte-Carlo, elle n’est jamais une invitée : elle est chez elle.
Audi Quattro (1981–1983) – La révolution technologique

Avant 1981, la transmission intégrale est perçue comme lourde et inadaptée au rallye. Audi va balayer ces certitudes en quelques spéciales. La Quattro débarque au Monte-Carlo et démontre que, sur la neige et le verglas dans la montagne, quatre roues motrices changent tout.
Avec Hannu Mikkola, Michèle Mouton, Stig Blomqvist ou Walter Röhrl, Audi impose une rupture technologique majeure. Après la Quattro, plus aucune grande voiture de rallye ne sera à deux roues motrices.
Son impact dépasse largement le sport : campagnes publicitaires devenues cultes, image de marque transformée, naissance d’une lignée de sportives Audi « quattro » qui perdure encore aujourd’hui. La Quattro n’a pas seulement gagné des rallyes : elle a réécrit le futur de l’automobile sportive.
Austin Mini Cooper S (1964–1969) – Le mythe populaire

Petite, légère, traction avant : sur le papier, la Mini Cooper S n’avait rien pour affronter les grosses cylindrées du Monte-Carlo. Sur la route, elle humilie les géants. Victoires en 1964, 1965 et 1967, polémique retentissante en 1966 après sa disqualification malgré une victoire acquise sur la route : la Mini devient immédiatement une légende.
Paddy Hopkirk, Timo Mäkinen et Rauno Aaltonen font entrer la Mini dans l’histoire du sport automobile. Mais sa renommée dépasse le rallye : The Italian Job, le Swinging London, les Beatles, le cinéma et la mode font de la Mini un symbole des années 60. Au Monte-Carlo Historique, la Mini rappelle que le rallye est aussi une affaire d’audace et d’intelligence, pas seulement de puissance.







