Une délégation monégasque emmenée par Frédéric Genta s’est rendue au Luxembourg. Le délégué interministériel a signé un accord de partenariat visant à stocker les données numériques de la principauté dans le Grand-Duché.

À Monaco, les chantiers mis en œuvre au service de la transition numérique se multiplient. Objectif : faire de la principauté une smart city connectée au rayonnement international. En mars dernier, un délégué interministériel à la transition numérique a été nommé par le gouvernement princier. Un poste taillé sur mesure pour Frédéric Genta, 36 ans, ancien de chez Google, qui pilote une centaine de personnes provenant des différentes directions de la fonction publique. Récemment, un comité consultatif réunissant les meilleurs experts dans leurs domaines a vu le jour. Il conseillera le gouvernement sur ce qui constitue une véritable cause nationale sur le Rocher.

Un accord de partenariat inédit pour la principauté

Début décembre, c’est au Luxembourg que s’est rendu Frédéric Genta, accompagné d’une délégation, afin de signer un accord de partenariat inédit pour la principauté. S’il est finalisé, ce dernier permettra en effet à Monaco de faire héberger ses données numériques dans le Grand-Duché.

Les normes de sécurité courantes en la matière – justifiées, entre autres, par les dégâts que pourraient occasionner une catastrophe naturelle ou une cyberattaque – imposent de fait aux États ou aux institutions de posséder au moins deux centres d’hébergement de données numériques distant de plus de 120 kilomètres. Avec son territoire de 2 km2, la principauté doit donc trouver une base arrière. Les décideurs monégasques pourraient ainsi jeter leur dévolu sur le data center de Bissen, une localité située à 30 kilomètres de la ville de Luxembourg. Ce centre ultra-sécurisé, bien connu des professionnels, stocke d’ores et déjà plusieurs milliards de données de particuliers, de banques, d’entreprises et d’institutions.

Un bâtiment disposant des garanties d’immunité des ambassades…

Comme l’Estonie, la Commission européenne ou l’OTAN, Monaco pourrait donc dupliquer ses données les plus sensibles, notamment administratives et diplomatiques, dans ce bâtiment, géré par la société LuxConnect. Immense avantage : il dispose des privilèges et garanties d’immunité des ambassades prévus par la convention de Vienne de 1961. Ainsi, explique Frédéric Genta, « les lois monégasques s’appliqueront sur cet endroit du Luxembourg où seront basés nos serveurs ». Il s’agirait d’y stocker d’abord les données publiques, les moins sensibles. Mais les autres pourraient suivre très rapidement.

… et offrant un haut niveau de sécurité et de disponibilité

Le Data Center luxembourgeois est une référence en Europe en termes de «green IT», l’informatique verte qui vise à réduire l’empreinte écologique, économique et sociale des technologies de l’information et de la communication. Il est également certifié « Tier4 », soit le plus haut niveau de garantie possible en termes de sécurité et de disponibilité. D’une part, le réseau est fermé sans aucun lien avec l’extérieur. D’autre part, huit groupes électrogènes sont susceptibles en permanence de prendre le relais en cas de panne électrique et un système de refroidissement élaboré permet de limiter la surchauffe du site à la puissance maximale de 9 mégawatts.

Et le partenariat, qui s’inscrirait pleinement dans le cadre des programmes européens de coopération sur l’innovation et la sécurité numérique, ne s’arrêterait pas là. Il prévoit également un partage d’expertises sur la dématérialisation des démarches administratives, la e-santé ou la création et la mise en œuvre d’une identité numérique pour les citoyens des deux pays.