Présentée le 15 juin à L’auditorium Rainier III, la nouvelle saison de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (OPMC) est un voyage à travers l’histoire de la musique et de Monaco. Rencontre avec Didier de Cottignies, Directeur Artistique de l’OPMC.

Mozart, Beethoven, mais encore les concerts sacrés à la cathédrale, des œuvres de Saint-Saëns oubliées pendant plus d’un siècle ainsi qu’un concours international de direction d’orchestre, une première pour Monaco. La nouvelle saison de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo satisfera même les plus exigeants. 

Nous sommes allés à la rencontre de Didier de Cottignies, délégué artistique de l’Orchestre Philharmonique de Monaco, pour qu’il nous dévoile les rouages d’une saison intrigante, fruit d’un véritable travail historique et musicologique.  

Albert 1er a été pour moi une découverte.

Un des évènements phares de cette saison est la célébration du centenaire de la disparition d’Albert 1er. Pas moins de dix concerts sont à l’affiche. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Albert 1er a été pour moi une découverte. Quand on nous a demandé de faire une série de concerts pour célébrer le centenaire, j’ai craint qu’on ne réussisse à trouver un programme. Mais il s’est avéré d’être une véritable mine d’or ! Aussi bien scientifiquement que culturellement. Il était notamment un grand patron des arts. Nous allons cloître les célébrations du centenaire en octobre 2022 avec un opéra de Saint-Saëns qui avait été commandé par Albert I et qui n’a plus jamais été joué après la première guerre mondiale. Ce sera un évènement formidable. C’est son dernier opéra et donc, c’est une œuvre de maturité absolue. 

Didier de Cottignies sur le balcon de l’Auditorium Rainier III © Direction de la Communication / Stéphane Danna 

Cette saison n’est pas simplement une saison de concerts. Vous êtes dans un véritable travail de création. Vous êtes notamment en train de reconstruire la version pour orchestre de la Nef Triomphale de Massenet, qui avait été jouée lors de l’inauguration du Musée Océanographique. C’est impressionnant.

Quand on m’a demandé de réfléchir sur l’histoire du Prince, j’ai pensé rechercher les œuvres de Massenet (un compositeur ami d’Albert 1er, NDLR) qui pouvaient être réhabilitées. Cette pièce avait été jouée lors de l’inauguration du Musée Océanographique en version symphonique. Seulement, il nous reste aujourd’hui que la première version de Massenet, qui est un manuscrit pour deux pianos et chœur. Massenet écrivait d’abord la version pour piano et puis il orchestrait. Le manuscrit de la version pour orchestre a disparu.

Pour l’anecdote, Saint-Saëns avait un ego considérable et il a été fou de rage que le prince ne lui aie pas dit qu’il avait aussi commandé une pièce à Massenet.

Qu’allez-vous faire si vous ne retrouvez pas la partition complète ?

Pour l’instant nous n’avons que la version pour cordes. Si nous ne retrouvons pas la version symphonique complète, nous emploieront un musicologue spécialiste de Massenet pour qu’il la recompose à partir de la partition pour piano. Je suspecte que le manuscrit est dans la bibliothèque du Prince car la partition de la version pour piano a été offerte au prince par Massenet. Je pense donc qu’il a fait la même chose pour la partie orchestrée. Ou alors elle est dans les archives de la SBM, disparue dans un carton à la suite des plusieurs déménagements des archives.

Une fois réhabilité la pièce sera jouée aux côtés de l’ouverture de fête de Saint-Saëns, qui avait aussi été commandée par le Prince Albert 1er pour la célébration de l’ouverture du musée océanographique, n’est-ce pas ? 

Exactement. Pour l’anecdote, Saint-Saëns avait un ego considérable et il a été fou de rage que le prince ne lui aie pas dit qu’il avait aussi commandé une pièce à Massenet, qui était d’ailleurs son rival. Il a été tellement vexé qu’à un moment il voulait refuser que sa pièce soit jouée dans le même concert. 

Il faut que les concerts pour jeune public soient créatifs. Il faut que les enfants puissent s’en souvenir.

Retournons à la nouvelle saison. On retrouve dans votre programme beaucoup d’artistes de saisons précédentes. Pourquoi ?

Je veux créer des liens. C’est aussi une recette pour fidéliser le public. Quand le public découvre un.e artiste pour la première fois, il a envie de le.a réécouter et je veux qu’il ait cette possibilité. J’aime bien inviter des musiciens deux ou trois ans de suite.

Vous avez aussi des concerts très intéressants pour le jeune public. Qu’elle importance est-ce que vous y accordez ? 

Personnellement, je trouve que cela a beaucoup d’importance. Ce ne sont pas des concerts faits à la va-vite juste pour atteindre des chiffres d’audience. J’ai horreur de cela. Il faut que les concerts pour jeune public soient créatifs. Il faut que les enfants puissent s’en souvenir. Il ne faut pas que ce soit trop long et il faut trouver des sujets qui puissent les passionner. Nous allons faire un arrangement du Casse-Noisette pour neuf musiciens avec un texte lu par Julie Depardieu, ainsi qu’un concert sur l’enfance de Mozart. Nous avons aussi un concert intitulé Bienvenue à Galanta. Il vise à montrer aux enfants comment les compositeurs exploitent la musique folklorique de leur pays pour après la formaliser en une partition pour grand orchestre, par exemple à travers une suite de danses.

Pour plus d’informations sur la saison 2021-2022 de L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, rendez-vous sur leur site internet.

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