L’aîné des frères Rinaldi, qui vient tout juste de rentrer de Chine où il a disputé les Jeux Olympiques d’Hiver, a repris depuis près d’un an la poissonnerie familiale Ange Rinaldi, pour aider son père et perpétuer cette tradition ancestrale.

Le décès de sa grand-mère centenaire, Jeanne Rinaldi, a résonné en lui comme un déclic. Figure du marché de la Condamine, celle que l’on surnommait affectueusement Olga, avait la pêche dans ses gènes. « Quand elle a disparu, j’ai pris conscience de l’importance de cet héritage familial », confie Anthony Rinaldi, de l’émotion plein la voix.

En tablier le matin, en costume l’après-midi

Il faut dire que chez les Rinaldi, la pêche perdure depuis cinq générations. Et si l’aîné des petits-enfants d’Olga, ils sont six au total, ne n’est pas dirigé immédiatement vers ce chemin commun, c’est lui qui, depuis un an, expose à l’aube poissons et crustacés sur les étals de la poissonnerie Ange Rinaldi, du nom de son grand-père.

C’est un beau métier, à l’ancienne, avec beaucoup de valeurs mais qui est en perdition. Il n’est pas évident de trouver des jeunes qui veulent se tourner vers cette voie

Anthony Rinaldi

« Mon père (Charly) est toujours présent, mais il peut désormais lever un peu le pied et voyager. Enfin, quand il n’aide pas mon cousin Éric (Rinaldi) l’été lors de la pêche aux gros poissons comme le thon ou l’espadon, sourit Anthony, qui ne se voyait pas se détourner de la poissonnerie, même s’il avoue un penchant pour la montagne plus que pour la mer. C’est un beau métier, à l’ancienne, avec beaucoup de valeurs mais qui est en perdition. Il n’est pas évident de trouver des jeunes qui veulent se tourner vers cette voie. »

Famille Rinaldi
La pêche chez les Rinaldi, une histoire de famille / © Monaco Tribune

Après avoir effectué toute sa scolarité à Monaco, celui qui soufflera en juillet prochain ses trente-cinq bougies s’est tourné vers le jardinage. « Je me suis occupé des cactées pendant sept ans, avant d’ouvrir ma structure dans le bâtiment. » Aujourd’hui, cela fait dix ans qu’Anthony Rinaldi s’occupe de chantiers de villas privées pour son entreprise, MR Construction. Le tout en parallèle d’une autre passion bien commune chez les Rinaldi : le bobsleigh.

Le bobsleigh comme exutoire

« Je m’y suis mis à l’âge de dix-neuf ans, avant de mettre entre parenthèses ma petite carrière de vingt-trois à vingt-neuf ans, raconte-t-il. J’avais deux enfants (trois aujourd’hui) qui prenaient beaucoup de mon temps. Et concilier tout cela avec le travail n’était pas évident. » Dans son sillage, Anthony Rinaldi en a profité pour transmettre sa passion à son petit frère, Rudy. « Il a repris le flambeau ! »

Émotionnellement, c’est le plus beau souvenir de ma vie après la naissance de mes enfants. Les Jeux Olympiques, c’est un moment unique à vivre

Anthony Rinaldi

Ensemble, Anthony et Rudy ont pris part aux derniers Jeux Olympiques d’Hiver de Bejing, en Chine, aux côtés de Boris Vain. Des JO qui resteront gravés dans les mémoires, puisque les bobbeurs ont signé le meilleur résultat de l’histoire du sport monégasque lors d’une olympiade. « Émotionnellement, c’est le plus beau souvenir de ma vie après la naissance des mes enfants. Les Jeux Olympiques, c’est un moment unique à vivre. Et ça vient récompenser trois années de sacrifices et d’efforts intenses. »

Poissonnerie
Les adeptes de poissons frais et de fruits de mer se régalent chez Ange Rinaldi / © Monaco Tribune

Un voyage à l’autre bout du monde qu’Anthony n’est pas près d’oublier. « La cérémonie d’ouverture, c’était quelque chose de formidable. En termes d’infrastructures, ce sont les plus beaux JO de l’histoire, affirme ce passionné de sports de vitesse, qui en plus de s’envoyer à 130 km/h à ras du sol s’en va parcourir les sentiers de l’arrière-pays en enduro. J’ai adoré la culture chinoise et nous avons aussi pu assister à quelques épreuves de ski alpin, surtout pour encourager Arnaud Alessandria. »

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Un souvenir indélébile, qui l’est encore plus, puisque le chef d’entreprise participait là à ses premiers mais derniers Jeux Olympiques. « Il est temps de tourner la page, souffle-t-il. Avec l’âge, je préfère désormais me concentrer sur mes projets professionnels. »

Anthony Rinaldi, à droite, et Rudy Rinaldi, à gauche/©DR

La poissonnerie, son entreprise, mais aussi d’autres surprises, qu’Anthony Rinaldi ne préfère pas dévoiler pour l’instant. Une chose est sûre, il sera le premier à encourager l’équipe de bobsleigh lors des Jeux Olympiques d’Hiver 2026 à Milan. Comme un éternel passage de témoin dans la grande famille Rinaldi.