Notre interview politique du mois se concentre sur Christophe Robino, nommé Conseiller de Gouvernement – Ministre des Affaires Sociales et de la Santé en avril dernier.

C’est une nouvelle étape dans l’engagement de Christophe Robino envers la Principauté. Après avoir été nommé, en avril dernier, Conseiller de Gouvernement – Ministre des Affaires Sociales et de la Santé au sein du Gouvernement Princier, laissant ainsi sa place au Conseil national, Christophe Robino nous a raconté son parcours.

Après des études à la Faculté de Médecine de Nice, un internat et un clinicat à Paris, à l’Hôpital Necker et à l’Hôpital Européen Georges Pompidou comme néphrologue et réanimateur médical, Christophe Robino a fini par rentrer en Principauté, pour officier au Centre Hospitalier Princesse Grace, comme chef de service.

Petit à petit, le médecin s’investit dans le fonctionnement de l’institution, en devenant Président du Collège de Formation Médicale Continue de Monaco, puis du Syndicat des Praticiens Hospitaliers. Il occupe rapidement d’autres postes d’envergure, comme président de la Commission Médicale d’Etablissement pendant cinq ans, ou membre du Conseil d’administration du CHPG.

Admis au Comité Directeur de l’Union pour la Principauté en 2010, il effectue quatre mandats au bureau du Conseil de l’Ordre des Médecins, avant de se présenter aux élections nationales en 2013 sur la liste Horizon Monaco, puis en 2018 sur la liste Primo.

Fort de ce parcours professionnel, Christophe Robino travaille désormais au sein du Gouvernement Princier. Il a accepté de répondre à nos questions et d’aborder ses projets futurs à ce nouveau poste-clé.

Je ressens une très grande fierté pour la confiance qui m’était témoignée et une très grande reconnaissance pour notre Prince Souverain qui a toujours défendu la cause hospitalière et la cause sociale au travers de nos institutions.

Quel bilan faites-vous de vos années passées au sein du Conseil National ? Quels conseils donnez-vous à votre successeur ?

Ces années ont été extrêmement enrichissantes. Elles m’ont permis de rencontrer énormément de personnes : fonctionnaires, élus, personnalités du Gouvernement et de la société civile, partenaires sociaux avec lesquelles j’ai essayé de maintenir les meilleures relations possibles, les objectifs étant d’écouter, d’apprendre, de comprendre, d’échanger pour acquérir une expérience politique, une connaissance du terrain, et être à même de participer, toujours sous l’autorité de notre Prince Souverain, à l’élaboration du travail législatif indispensable au bon fonctionnement et à l’adaptation de nos institutions aux évolutions internationales.

Si je n’ai qu’un conseil à donner à mon successeur, et ami, Marc MOUROU, en tant que Président de la Commission des Intérêts Sociaux et Affaires Diverses (CISAD), c’est de toujours prendre le temps de la réflexion, de prendre avis auprès de toutes les parties avant de se prononcer et de savoir tenir bon lorsque cela s’impose au nom de l’intérêt général. Ce n’est évidemment pas le plus facile à faire en tant qu’élu, mais c’est, à mon avis, un des aspects essentiels du mandat de Conseiller National que l’on doit à nos électeurs.

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Comment décririez-vous votre expérience au sein du CHPG ?

Ce fut une belle aventure, tant sur le plan professionnel, que sur le plan humain. Je me suis attaché à développer le service que je dirigeai que ce soit dans ma propre spécialité, la Néphrologie avec notamment la création d’une unité de dialyse aigüe, ou pour les autres spécialités qui y sont rattachées : l’Endocrinologie, la Neurologie et la Dermatologie. J’ai participé à la création du CFMCM et à son agrément par la France en tant qu’organisme de formation médicale continue. Il y eu aussi les débuts du Comité de Liaison Alimentation Nutrition puis du Comité de coordination et de liaison Education Thérapeutique, et surtout l’aventure de la certification avec la France. J’ai également pu défendre les intérêts de la communauté médicale au sein du Syndicat des Praticiens Hospitaliers, ainsi que de l’ensemble de la communauté hospitalière au travers de la CME et du Conseil d’Administration.

Vous êtes désormais Conseiller de Gouvernement – Ministre des Affaires Sociales et de la Santé. Comment s’est déroulée cette nomination ?

En fait, j’ai simplement été approché pour savoir si l’idée de servir mon pays autrement que par ma profession et mes fonctions d’élu pouvait m’intéresser. Vous connaissez la suite. Je dois dire que j’ai été extrêmement bien accueilli, par des équipes compétentes et avec qui je prends plaisir à travailler.

Le dossier du rapatriement de la future Caisse Monégasque de Retraite Complémentaire est essentiel pour l’avenir.

Qu’avez-vous ressenti lorsque ce poste vous a été proposé ?

Une très grande fierté pour la confiance qui m’était témoignée et une très grande reconnaissance pour notre Prince Souverain qui a toujours défendu la cause hospitalière et la cause sociale au travers de nos institutions.

Quels sont vos objectifs et les dossiers que vous souhaitez traiter en priorité ?

Il y a de nombreux chantiers en cours avec, bien sûr, le plus visible la construction du NCHPG qui est un véritable défi pour l’avenir.

Il faut gérer les suites de la crise COVID et de ses conséquences humaines et sociales. Pour cela, je souhaite poursuivre le dialogue avec les partenaires sociaux en tenant compte d’une large représentativité.

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Il me faut également travailler avec mes collègues du Gouvernement sur les mesures d’attractivités en faveur de l’emploi en Principauté, faciliter l’accessibilité pour les pendulaires, réfléchir à la prise en compte de la pénibilité dans certaines professions.

Et bien sûr préserver et améliorer notre système de protection sociale notamment dans l’accompagnement de nos ainés mais également dans le cadre de la protection de l’enfance.

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Quel regard portez-vous sur le système de santé à Monaco ? Y a-t-il, selon vous, des pistes d’amélioration qui pourraient être envisagées ?

Il est, par bien des aspects, très performant avec une offre de soin très complète et des plateaux techniques remarquables.

Il faut bien sûr réfléchir à l’adaptation des structures de santé existantes dans la perspective du NCHPG et à la concurrence de plus en plus forte des établissements des Alpes Maritimes avec l’implantation récente de plusieurs groupes de santé privé.

Je souhaite également réfléchir à repositionner la médecine de ville, à lui redonner une vraie place, afin de soulager la structure hospitalière, dans différentes disciplines, d’un volume croissant de consultations non urgentes.

Enfin, je souhaite de manière générale renforcer les politiques de dépistages et de préventions et plus particulièrement dans la cadre du retour et maintien à domicile des personnes âgées à l’issue d’une hospitalisation.

Pendant la crise sanitaire, le système de santé monégasque a collaboré avec les communes limitrophes. Est-ce que cela pourrait donner un nouvel élan à une collaboration plus intime entre la France et Monaco ?

Je reste fermement convaincu de l’importance des relations privilégiées qui existent entre nos deux pays et de la nécessité de maintenir entre nous une collaboration active et dynamique. Cela s’est particulièrement illustré lors de la crise sanitaire où dans le cadre de nos accords bilatéraux nous avons pu bénéficier du soutien de la France pour l’accès aux vaccins et plus récemment aux traitements préventifs ou curatifs contre la COVID-19 et en retour les assister en accueillant des patients de réanimation au moment où les établissements voisins étaient débordés.

J’espère, au travers des échanges que nous avons avec les autorités françaises, renforcer ces liens historiques et pérenniser notre collaboration notamment par des projets communs à l’exemple de l’Hôpital de Jour de Pédopsychiatrie, qui ouvrira prochainement à Beausoleil, fruit du rapprochement des équipes de la Fondation LENVAL et des autorités monégasques, qui permettra d’accueillir 35 élèves en difficultés d’intégration scolaire, de France et de Monaco, et répondra ainsi à un besoin partagé.