C’est au sein de la Maison des Associations de Monaco qu’Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la Mission pour la Transition énergétique du Gouvernement Princier, a animé une conférence pour le MWF Institute le 8 octobre dernier sur les actions de la Principauté pour favoriser le développement durable.

Supprimer le plastique

Considéré comme principale source d’émission de CO2 en Principauté, le plastique est l’un des dossiers les plus importants à traiter à Monaco, mais aussi dans le monde. D’après le rapport national d’Inventaire 2021 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, 24% des émissions de gaz à effet de serre proviendraient de l’incinération des déchets plastiques. Pour Annabelle Jaeger-Seydoux, le but est donc avant tout de trouver des alternatives au plastique, pour en limiter les déchets par la suite. Selon elle, la difficulté principale pour limiter le plastique résiderait à la fois dans la pression des consommateurs et à la fois dans celle des réglementations. Une première piste pour diminuer cette source de déchets particulièrement polluants : bannir le plastique à usage unique chez les consommateurs comme chez les industriels.

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Réduire et trier ses déchets

Au-delà du plastique en lui-même, le tri et la réduction des déchets sont des éléments majeurs de la transition énergétique. Annabelle Jaeger-Seydoux encourage notamment les Monégasques à visiter les locaux de l’entreprise Paprec, centre de tri à Cannes, pour que chacun puisse visualiser comment finissent ses déchets. Un problème a néanmoins été soulevé : à cause du dysfonctionnement de certaines filières de tri, les gouvernements européens ont longtemps envoyé leurs déchets non triés en Asie… jusqu’à ce que les pays envahis de ces déchets disent enfin « stop » à cette pratique ! Depuis, les dysfonctionnements des filières de tri n’ont toujours pas été réparés, mais Annabelle Jaeger-Seydoux incite non seulement à poursuivre le tri chez soi, mais surtout à limiter la production de déchets : « Il faut traiter le problème à la source« , assure-t-elle.

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Réparer plutôt que consommer

Une piste, d’ailleurs, pour diminuer sa production de déchets : favoriser la réparation des objets abîmés, au lieu de les jeter et d’en racheter, lorsque cela est possible. Mais à l’ère de la surconsommation, les commerces qui donnent une seconde vie à nos objets du quotidien se raréfient. En parallèle, la semaine de réduction des déchets aura lieu à la fin du mois de novembre et Monaco compte bien y participer en publiant une carte des commerces qui proposent un service de réparation sur le Rocher. L’appel sera prochainement relayé et un « réparathon », c’est-à-dire une journée dédiée à la réparation, sera organisé en partenariat avec la mairie.

Rouler à l’électrique

Parmi les autres actions concrètes menées par la Principauté : encourager la mobilité électrique sur le Rocher. Depuis 1994, le Gouvernement Princier propose une aide à l’achat de 30% du montant d’un véhicule électrique à Monaco. Des voitures, certes plus polluantes à l’heure actuelle au niveau de la construction, mais qui limitent drastiquement les émissions de gaz à effet de serre à la consommation sur le long terme. « Il faudra affronter et résoudre ces questions« , admet Annabelle Jaeger-Seydoux en évoquant notamment les batteries et la fin de vie de ces véhicules électriques. Mais pas question pour autant de rester dans une économie carbonée : le Gouvernement Princier a donc tenu à rassurer les consommateurs sur cette transition, en abordant les questions et les réponses sur son site internet. Et pour ceux qui ne peuvent pas changer de voiture dans l’immédiat, la plateforme de covoiturage lancée à Monaco pendant la pandémie peut permettre aussi de réduire son impact carbone.

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Calculer son bilan carbone

Pour aller encore plus loin dans la démarche de transition énergétique, la Principauté propose aux particuliers, aux entreprises et aux associations de calculer l’impact de leur mode de vie sur l’environnement. Dans un second temps, en s’engageant à réduire de 55% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 et à atteindre une neutralité carbone dès 2050, le Gouvernement Princier a créé le Pacte National pour la Transition Energétique. Depuis 2016, chacun peut, à titre individuel ou collectif, signer ce Pacte en ligne, et s’engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le réchauffement climatique. Comme le rappelle Annabelle Jaeger-Seydoux : « Le développement durable est un challenge planétaire ambitieux et complexe. Une réponse collective est nécessaire : la demande, c’est nous.« 

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